Nouvelle sortie d’incubation : Rubicon

Renseignement image : Rubicon intègre l’IA aux données radar

Fondée en mai 2024 pour optimiser l’exploration des gisements d’hydrogène géologique, la startup Rubicon, incubée par l’ESA BIC Nord, étend ses activités aux secteurs de la défense et de la sécurité. Rubicon propulse désormais l’intelligence artificielle au cœur de l’analyse de données radar (SAR) afin d’automatiser l’analyse de grands volumes de données et de transformer l’analyse d’imagerie radar en un outil de décision opérationnelle. Un changement de cap stratégique soutenu par une levée pre-seed conséquente avec des investisseurs de renom.

Ancien officier de carrière au sein de l’armée de Terre et consultant dans le secteur aérospatial pendant six ans, Alexandre Boissier fonde Rubicon avec l’ambition d’exploiter l’intelligence artificielle et les données satellitaires pour identifier des ressources en hydrogène géologique. Les technologies mises au point, notamment en analyse radar, ont permis de repérer plusieurs sites prometteurs en France et à l’international, en particulier au Kazakhstan.

Cependant, face à un cadre réglementaire encore inadapté à l’hydrogène géologique et dans un contexte porteur pour les technologies de défense, il choisit d’opérer un pivot stratégique. Rubicon réoriente ainsi ses expertises vers des applications liées à la sécurité et à la défense.

L’IA pour décoder l’invisible

Rubicon s’est spécialisée dans le traitement par intelligence artificielle des données des satellites radar à synthèse d’ouverture (SAR). Une technologie qui “s’affranchit totalement des conditions météorologiques et de l’obscurité, contrairement à l’imagerie optique, et qui peut, sous certaines conditions, traverser les forêts”, souligne Alexandre Boissier. 

L’équipe technique, pilotée par Inès Meraoumia, ancienne chercheuse en intelligence artificielle appliquée au domaine radar à l’université de Princeton, développe aujourd’hui des algorithmes de deep learning capables de traiter automatiquement de grands volumes de données radar. Leur modèle phare permet notamment de détecter et de classifier automatiquement des objets – navires, avions, etc – au sein de flux massifs d’informations radar. D’autres modèles permettent de simuler rapidement des signatures radar à partir d’images optiques, accélérant ainsi considérablement la mise à jour des systèmes de détection.

Au-delà de la défense, Rubicon se positionne également sur des usages civils, notamment via un projet de surveillance environnementale visant à lutter contre la dégradation des forêts en Asie du sud-est.

Des partenaires d’excellence

Accompagnée par l’ESA BIC Nord France et Télécom Paris, Rubicon a noué un partenariat stratégique avec l’ONERA pour concevoir une nouvelle génération de radars aéroportés: plus abordables, enrichis par l’intelligence artificielle et capables d’opérer sous couvert forestier avec une faible latence. 

L’ambition est claire: collaborer avec les meilleurs acteurs pour développer des technologies de pointe qui permettront à la France et aux pays alliés de conserver la supériorité informationnelle dans un environnement de plus en plus technologique. 

Après un premier tour de financement en pré-seed bouclé fin 2025, destiné à valider sa feuille de route technologique, Rubicon s’apprête désormais à entrer dans une phase d’industrialisation de ses solutions.

Le label ESA BIC Nord, un gage de crédibilité

L’intégration à l’ESA BIC Nord en janvier 2025 aura elle-aussi marqué un tournant majeur pour l’entreprise. “Ce label facilite l’accès aux expertises du CNES et de l’ESA, qui sont essentielles pour valider la robustesse et la capacité de généralisation de nos modèles. Il apporte aussi une crédibilité essentielle pour convaincre des clients exigeants à l’export”, souligne Alexandre Boissier, dont l’objectif est désormais de transformer les expérimentations en contrats de surveillance globale pour sécuriser les zones sensibles et les espaces maritimes internationaux.