Nouvelle sortie d’incubation : goodforest

goodforest au chevet des forêts grâce à la télédétection satellitaire

Face au dépérissement des forêts qui s’accélère sous l’effet du climat, la startup goodforest mobilise l’imagerie satellitaire et l’IA. Son objectif : offrir aux gestionnaires une vision globale et prédictive pour protéger le poumon vert de l’Hexagone.

La forêt française est en péril. Pilier de notre stratégie nationale de neutralité carbone, sa capacité à séquestrer le CO2 s’effrite. « La mortalité des arbres a plus que doublé en dix ans », alerte François Caron, cofondateur de goodforest. Ingénieur de formation, il s’est associé en 2024 à deux ingénieurs agronomes experts de la géospatiale, Sébastien Connesson et Xavier Louchart, pour fonder cette société à mission. Leur ambition ? Utiliser la tech pour préserver nos écosystèmes.

L’IA et l’infrarouge contre les « tueurs silencieux »

Le cœur du réacteur de goodforest repose sur une chaîne de traitement automatisée exploitant les données de la constellation Sentinel-2. En analysant les bandes infrarouges, invisibles à l’œil nu, leurs modèles d’IA détectent les premiers signes de stress hydrique ou d’attaques parasitaires, comme celles des scolytes qui déciment les épicéas.

« Le satellite nous permet de déceler des changements physiologiques avant même qu’ils ne soient visibles sur le terrain », explique François Caron. Une information cruciale pour les gestionnaires, qui supervisent des milliers d’hectares fragmentés. Au lieu d’une surveillance aléatoire, goodforest propose une vigilance ciblée : « Nous aidons le gestionnaire à orienter sa surveillance sur les parcelles où nous avons détecté une anomalie».

Après un prototype testé avec succès sur l’épicéa avec des partenaires de poids comme CFBL ou Forestry, la startup travaille désormais sur l’adaptation de ses algorithmes (machine learning et deep learning) à d’autres essences, comme le chêne ou le pin maritime.

L’Esa Bic Nord : un label de confiance et d’expertise

Intégrée en janvier 2025 à l’ESA BIC Nord France, goodforest a trouvé dans cet accompagnement un levier de croissance multidimensionnel. Au-delà d’un soutien financier de 25 000 €, c’est bien l’accès à l’expertise technique de l’Agence Spatiale Européenne qui a fait toute la différence pour les trois associés.

« Le nom ESA apporte une légitimité immédiate auprès des financeurs et rassure nos clients », souligne François Caron. Ce passage par l’incubateur lui a également ouvert les portes du programme ESA Business Applications & Space Solutions (BASS), propulsant la startup vers des développements encore plus ambitieux. Société à mission, goodforest mise également sur la frugalité numérique pour rester cohérente avec ses valeurs environnementales, en développant des algorithmes optimisés et peu gourmands en énergie.

Vers une plateforme de gestion des risques multiples

L’avenir de goodforest va désormais s’écrire à l’échelle européenne, avec des tests déjà amorcés en Allemagne et en Finlande. Mais la vision des fondateurs dépasse la simple santé sanitaire des forêts. Ils visent en effet désormais à étendre leur plateforme à l’ensemble des risques qui affectent les forêts, souvent en cascade : incendies, tempêtes, dépérissement et sécheresse. « Nous voulons permettre une gestion continue et proactive des risques forestiers, dans un environnement climatique de plus en plus imprévisible», conclut le cofondateur.