
LYNKX : La connectivité spatiale au secours des zones blanches
Fondée par Benoît Hédou près de Grenoble, la start-up LYNKX développe une balise de détresse universelle capable de communiquer par satellite là où les réseaux terrestres font défaut. Accompagnée par l’ESA BIC Nord, l’entreprise transforme une innovation de défense en un outil de sécurité civile indispensable pour les professionnels et les sportifs de l’extrême.
En montagne ou en mer, l’absence de réseau mobile n’est plus seulement un inconfort, c’est un risque vital. Benoît Hédou, ingénieur en électronique et passionné d’alpinisme, a fait ce constat après une carrière dans la sécurité des transactions bancaires. « Le projet initial était de faire un détecteur de victimes d’avalanche à longue portée », explique-t-il. Mais le besoin de sécurité dépasse les cimes enneigées. De là est né LYNKX : un boîtier capable de transmettre une alerte de détresse n’importe où sur le globe grâce aux constellations de satellites.

Une rupture technologique issue de la Défense
Le cœur du réacteur de LYNKX réside dans l’utilisation de protocoles de communication longue portée, une technologie que la start-up a réussi la prouesse de miniaturiser pour l’intégrer dans un boîtier compact. Et contrairement aux balises classiques, LYNKX mise sur une approche « agnostique » des réseaux. « On utilise des technologies de modulation radio très performantes qui permettent de porter à plusieurs kilomètres au sol, et jusqu’à l’espace pour le satellite », souligne Benoît Hédou. « Cette double capacité, locale et satellitaire, permet d’assurer une continuité de service totale. Si un accident survient dans une « zone blanche », la balise bascule automatiquement sur le lien spatial pour transmettre la position GPS et l’alerte aux secours ».
L’ESA BIC : Un sésame pour l’espace
Pour une structure Deep Tech comme LYNKX, l’intégration à l’ESA BIC Nord a été un catalyseur de crédibilité et de financement. Au-delà de l’enveloppe de 25 000 euros, c’est l’accès à l’expertise technique qui a primé. « L’apport de l’ESA, c’est déjà la caution. Quand on va voir des investisseurs ou des partenaires, dire qu’on est labellisé par l’Agence Spatiale Européenne, ça change la donne », affirme le fondateur, pour qui cet accompagnement a également permis de lever les verrous technologiques liés à la communication satellite, un domaine aux contraintes normatives et physiques extrêmement exigeantes. LYNKX bénéficie désormais d’une visibilité internationale, essentielle pour adresser un marché qui ne connaît pas de frontières.

L’effet levier de l’accompagnement spatial
Pour cette entreprise deep-tech, l’intégration à l’ESA BIC a consolidé des fondations déjà robustes. « Ce soutien a accéléré notre déploiement technologique, tandis que le label de l’Agence Spatiale Européenne a validé la fiabilité de notre projet, nous ouvrant les portes d’Agoranov », explique Neal Dahan. Aujourd’hui très sollicitée, la structure industrialise sa solution logicielle et portera ses effectifs à une dizaine de collaborateurs d’ici la fin de l’année pour soutenir sa croissance.
Sports, secours, travailleurs isolés…
Si les sportifs (trail, alpinisme, voile) sont la cible naturelle, LYNKX s’adresse également aux travailleurs isolés et aux services de secours. L’entreprise prévoit une phase d’industrialisation rapide pour répondre à une demande croissante de sécurité « hors réseau ». « Notre objectif est de rendre la sécurité satellite accessible, simple et fiable pour tous ceux qui évoluent hors des sentiers battus », conclut Benoît Hédou.
