Nouvelle sortie d’incubation : Osiris Agriculture

Osiris Agriculture réinvente l’irrigation grâce au spatial

Basée dans le Nord, la start-up Osiris Agriculture automatise la gestion de l’eau grâce à Oscar, un robot autonome capable d’irriguer et de fertiliser avec une précision chirurgicale. Accompagnée par l’ESA BIC Nord, l’entreprise fondée par Henri Desesquelles utilise les données spatiales pour répondre aux défis majeurs de la transition agroécologique.

Face au changement climatique, la gestion de l’eau est devenue le premier défi des agriculteurs. Henri Desesquelles, fils et petit-fils d’exploitants dans les Hauts-de-France, l’a compris très tôt. Après un cursus à CentraleSupélec et à l’ESSEC, il fonde Osiris Agriculture en 2021 avec Rodolphe Cockenpot et Léon Guyard. « On a commencé avec la problématique de l’irrigation, qui est une tâche extrêmement pénible et peu valorisante pour l’agriculteur », explique-t-il. Leur solution : Oscar, un robot enjambeur capable de se substituer aux enrouleurs traditionnels.

Une irrigation de précision guidée par satellite

L’innovation d’Osiris ne se limite pas à la mécanique. Le robot Oscar est une plateforme technologique qui intègre des données de haute précision pour optimiser chaque goutte d’eau. Pour se déplacer en autonomie dans les parcelles de pommes de terre ou de légumes, le système s’appuie sur des technologies de positionnement satellite (GNSS) de pointe. « On utilise la data pour savoir où et quand irriguer précisément », souligne Henri Desesquelles.

En couplant la robotique au pilotage par données spatiales, Osiris permet de réduire drastiquement la consommation d’eau et d’intrants. Le robot peut travailler 24h/24 sans intervention humaine, offrant un gain de temps considérable tout en préservant les sols du tassement grâce à un poids maîtrisé par rapport aux tracteurs lourds.

L’ESA BIC : Un accélérateur de souveraineté technologique

Le passage par l’ESA BIC Nord aura été un levier stratégique pour la start-up nordiste. Au-delà du soutien financier de 25 000 €, l’expertise de l’Agence Spatiale Européenne a permis d’affiner les briques de navigation. « Le programme ESA BIC nous a aidés sur la partie positionnement et sur l’accès aux données Copernicus pour l’analyse des sols et des besoins en eau », se félicite le fondateur. Un label qui a également facilité les relations avec les partenaires bancaires et les investisseurs nationaux. Après avoir séduit de grandes coopératives, Osiris agriculture entame désormais sa phase d’industrialisation

L’effet levier de l’accompagnement spatial

Pour cette entreprise deep-tech, l’intégration à l’ESA BIC a consolidé des fondations déjà robustes. « Ce soutien a accéléré notre déploiement technologique, tandis que le label de l’Agence Spatiale Européenne a validé la fiabilité de notre projet, nous ouvrant les portes d’Agoranov », explique Neal Dahan. Aujourd’hui très sollicitée, la structure industrialise sa solution logicielle et portera ses effectifs à une dizaine de collaborateurs d’ici la fin de l’année pour soutenir sa croissance.

Vers une agriculture autonome et durable

Aujourd’hui, Osiris Agriculture emploie une équipe pluridisciplinaire et multiplie les tests en conditions réelles dans les champs de pommes de terre du Nord de la France. L’ambition est claire : devenir le standard de la robotique d’irrigation en Europe. « L’objectif est d’apporter une solution rentable qui permet de maintenir des cultures exigeantes tout en respectant les nouvelles contraintes environnementales », conclut Henri Desesquelles. Avec Oscar, l’agriculture de demain ne regarde plus seulement le ciel pour attendre la pluie, mais aussi pour se piloter avec précision.